Monde 2.0 ?

La description des composantes du monde est une science. C’est l’un des prérequis au développement rationnel des systèmes de navigation au sein de la connaissance. On peut postuler qu’un “monde” est un volume stratifié et compartimenté, traversé par des flux divers. Ceux-ci peuvent être extrêmement subtils, difficiles à observer ou à représenter. D’où le parti pris d’organisation arborescente, qui propose un angle d’observation contextualisé et relativisé en termes d’échelle selon trois classes d’approche : l’espace, sa mesure et la dénomination des objets qui le composent. A chaque nœud, ou terminaison, nous tentons de raccrocher une requête d’illustration, en français, permettant de contrôler l’évolution de la portée terminologique des concepts adressés. Ce travail, sans prétention, sert à éclairer la complexité par des composantes de la complexité elle-même, sur la base de tris simples. Des explorations plus détaillées ou approfondies sont évidemment possibles, la prétention ici était de tenter une réflexion sur les racines académiques conventionnelles afin d’en confirmer la pertinence. Occasion égalent de rendre hommage à quelques-uns de nos penseurs visionnaires comme Paul Vidal de la Blache, fondateur de la pensée géographique moderne en France. Sans oublier Max Derruau et son indispensable Précis de Géomorphologie. On a souvent scindé l’approche géographique en deux domaines, parfois opposés, la géographie “humaine” et la géographie “physique”. C’est cependant toujours l’homme qui est bénéficiaire des deux analyses qui l’aident dans ses occupations au sein du monde. De ce point de vue, on scindait encore l’approche en trois, en parlant de monde “réel”, de monde “rêvé” et de monde “vécu”. Nous allons voir qu’aujourd’hui, nous retrouvant immergés dans un monde représenté, les perceptions deviennent manipulables et les réalités, aménageables, de plus en plus dissociées, ou franchement divergentes. Il y aura des réels, un vécu mais y aurait-il de la place pour un rêvé ?
` Get the Flash Player to see this player. `Le graphe ci-dessus ventile plus de 350 termes en arborescence.
La version moderne de l’ontologie spatiale est son clone numérique. Il s’agit de l’outil de manipulation des représentations du monde, au sein de fabrication des restitutions et livraisons de celles-ci pour partage. Le graphe ci-dessous esquisse un schéma descriptif analogue au précédent, présenté ci-dessus. Il s’agit de l’énorme boite à outils conceptuelle de l’audiovisuel en réseau, tel qu’il se développe aujourd’hui, à très grande vitesse, sous nos yeux, sans omettre les oreilles trop souvent oubliées ! Au-delà de l’interactivité, de l’hypertexte et des perfectionnements informatiques tels qu’ils nous semblent aboutis aujourd’hui, cette construction dessine une énorme infrastructure d’administration de la connaissance partagée en masse. Un monde nouveau est en train d’éclore, volume tout autant stratifié, compartimenté et animé de flux que le précédent. Il en diffère par ses concepts dimensionnels, distance, temps, durée, etc …. qui n’ont ni la même valeur, ni les même contraintes que dans le monde “physique”. Dématérialisé, ce monde clonable est devenu portable, transmissible, sauvegardable, archivable. Volable, piratable et destructible devrions nous préciser mais est-ce utile ?

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Ce graphe, ou carte mentale, est la représentation du contenu du site de Leonardo Chiariglione.

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Des clés de lecture rapide de l’organisation de l’approche MPEG.

A ce sujet particulier, la très grande majorité des gens pense que les normes seraient itératives, les plus récentes remplaçant les plus anciennes et ceci en une répétée incessante noria. Ce n’est pas le cas, MPEG 7 n’est pas plus performant que MPEG 1, ces documents ne traitant pas du tout des mêmes caractéristiques et performances (sinon vous n’utiliseriez plus de MP3 qui correspond en fait à la partie 3 de MPEG1 Audio de 1993 *). C’est pourquoi le schéma est divisé en deux parties distinctes, droite et gauche, qui comprennent des familles regroupées en classe de techniques. Ainsi, globalement, on distingue trois niveaux de spécialités pour les outils logiciels de l’audiovisuel numérique.  La partie de droite est le résultat d’un exercice autant extraordinaire qu’ignoré : MPEG s’est appliqué à lui-même une transformée en cosinus !!! Du genre cos(13522 + 13818 + 15938 + 14496 + 21000) = 23000. Ceci dans le but d’accéder à la demande à l’ensemble des fonctions ainsi résumées en colonne de droite. Le tout s’est effectué sous le concept clé de MAF pour Multimedia Application Format. Vous l’avez compris,  la portée de la démarche est ainsi de réaliser des profils applicatifs au plus près des produits et services, prétendus ou revendiqués conformes, tels qu’ils seront effectivement commercialisés et consommés. Cette démarche brillante, mais aussi lourde et harassante pour cette communauté, aura eu plusieurs mérites, dont, en éclairant la réalisation, d’éliminer certaines scories mais, surtout, de relancer considérablement le potentiel d’assimilation technologique futur de ces performances. Jusqu’à la prochaine étape majeure qui s’imposera, un jour, bien entendu. Peut-on, déjà la prédire ? Sans doute, il s’agit de l’automatisation des services futurs animés par des agents, à partir de 2020 / 2030. Voici ainsi poindre ce qui pourrait être l’un des points d’application donnant corps au mythe de la singularité si débattue ces derniers mois. Si l’exercice est brillant en terme de réalisation, son résultat est surtout, des plus rassurants car il donne la garantie d’accès à la totalité de l’exercice, sans perte des raisons du savoir-faire, perspective que certains exhortaient, non sans une certaine crainte, il y a 25 ans. Ceci au prix, répétons-le d’acharnement et d’obstination sans retenue et, parfois, légèrement outrancière, certains s’en étant plaint. Si la planète n’avait pas de vrais soucis à se faire, les choses iraient moins vite de ce coté. Si on admet le constat, cela va t’il assez vite ?

Aller plus loin.

La rencontre des deux mondes a-t-elle un sens ? Peut-on “être” à la fois dans l’un et dans l’autre ? Des passerelles, si elles existent sont-elles aisément praticables ? Ces réponses, académiques, seraient à cerner pour les fournir très rapidement, nous sommes en retard, à nos étudiants du supérieur dans le domaine.

Ce nouveau monde est-il une forme de réponse à l’empreinte écologique de l’occupation humaine dans le monde tel que nous l’aurons connu jusqu’à présent ? Difficile à dire, ou définir. Ce que l’on peut cependant “affirmer”, c’est que nous en sommes au début et que la capacité de développement du monde numérique, improprement dénommé “de synthèse” puis “virtuel”, ou encore “augmenté”, peut être vu comme illimitée. L’adaptation de l’un à l’autre se fera par des mutations qui devraient raisonnablement concerner l’espèce elle-même. De ce point de vue, on peut observer que cela a déjà commencé. Mais n’est-ce pas cela qu’il conviendrait de surveiller ? Prioritairement ? Bien ou mal ? Comprendre est l’incontournable commencement de cette aventure. Quand l’on observe les usagers des transports en commun, depuis quelques mois, on comprend ce qu’est l’homo-transistorus. Un mutant. Le smartphone, avec casque audio, illustre ce qu’est est la place de l’informatique dans l’environnement de l’homme : un prothèse. Cette prothèse est de nature neuro-perceptuelle, ce que décrivaient d’ailleurs bien les précurseurs de la cybernétique. Il s’agit d’un exo-cortex formant télécommande pour s’interfacer correctement avec le monde numérisé. Pour certains, mais est-ce anormal, être privé de cette interface est une souffrance confinant au handicap. Bien entendu, le phénomène va prendre des proportions considérables avec l’arrivée des « lunettes Google ».

On peut préciser que les normes de l’audiovisuel numérique, dont MPEG décrites ci-dessus, ont des outils de représentations codés selon des critères psycho perceptuels. D’après au moins un des principes établis par Huffman en avril 1952, celui de la redondance au sein des messages. Et, de ce point de vue, le WorkPlan de MPEG nous confirme que nous ne sommes pas au bout, non pas de l’innovation, mais de l’investigation et de la mise en pratique. L’innovation, s’il devait y avoir, se trouve dans la manière où les fonctions arrivent sur le marché, pour rendre des services à des tarifs et conditions contractuelles acceptables par les acteurs.

Enfin, pour boucler ce tour du monde, il conviendra de complémenter l’approche informatique par celle de la description microscopique des data elements brassés en masse par les réseaux. On parle ainsi de MicroData, une spécification du W3C. La tendance lourde aujourd’hui est celle de la description DublinCore de la TEI. Des explications, autant éclairantes que possible, suivront sous peu. A l’échelle de la connaissance, nous venons juste de mettre le bout du pied sur le continent numérique, l’aventure ne fait que commencer.

Simplifions-nous la vie, cela va nous changer. Quelle est la question adressée ? Celle de l’échange en vis-à-vis qui, s’il est distant, doit être temps réel, au moins synchrone. Il s’agit de l’enseignement d’un siècle de téléphonie. La numérisation améliore certes la qualité perceptuelle de ces échanges et, au delà du confort ressenti, il faut en comprendre la productivité résultante qui est, quand même, ce qui est recherché. Mais la numérisation permet surtout d’entrer en contact avec des automates et de les utiliser comme médiateurs, par exemple lorsque la communication interpersonnelle est devenue quasi impossible. Ce créneau est celui privilégié de la traduction automatique et simultanée. Ainsi, l’objectif à ne pas perdre de vue est de banaliser, en la facilitant, l’intervention des robots dans nos dialogues et échanges. En évitant de devenir nous mêmes des robots, ce qui pose la question de qui sommes-nous, au fait ?

Effet de “park”

L’attracteur fondamental du perfectionnement, très apparent, des terminaux d’accès et de consultation, c’est l’augmentation exponentielle du parc de terminaux compatibles, indifféremment fixes ou mobiles. Qu’il y ait eu des milliards de téléphones sur le réseau RTC n’a jamais ému personne, par contre que Samsung produise 500 millions d’unités par an inquiète. Pourquoi l’un de ces indicateurs seulement serait significatif rendant l’autre insignifiant ? Qui garantit l’effectivité du remplacement des performances une à une, voire la simple amélioration ? C’est pourquoi il est prudent avant de parler de bénéfice d’innovation de réfléchir simple mais en grand, ou global. En fait nous nous n’en savons rien, à ce jour, et les critères de conclusion dans ce sens ne sont pas si évidents que cela. Le téléphone filaire n’a jamais stressé le marché des terres rares et l’on devrait l’en remercier, parmi d’autres choses. Quant à l’autonomie d’emploi … Le téléphone était un outil pour donner des ordres, commander. Aujourd’hui c’est le terminal qui nous guide vers des prises pour le recharger, prenant le pas sur notre propre autonomie.

Que veut dire téléphoner avec un SmartPhone ? Difficile à dire. Il s’agit d’un outil de mise en relation. Avec le monde. L’outil en précisant où nous sommes, avec précision et, souvent, à notre insu, révèle notre proximité détournée rapidement en offres de proximité. Le geste de téléphoner consiste aujourd’hui plus à tendre la main. C’est l’outil nomade par excellence qui pousse au contact, à la rencontre, accélérant par la là, la relation commerciale.

6371 – 800 – 5000 – 300 – 1100 / 6371 – 17 % – MPEG

* Vous êtes perspicaces, s’il y a bien une spécification dite MP3 (nom commercial), il n’y a pas eu de travaux MPEG-3 après MPEG-2 et avant MPEG-4. La réponse a déjà été publiée avec plus ou moins de justesse, rappelons que le partitionnement des travaux avait été calé en 1988, au sein du groupe de travail ISO/CEI JTC1/SC2/WG8, en fonction des classes de débits, partant des plus faibles et allant vers les plus performantes. C’était une vision bien théorique des choses, qui ne se vérifieront pas à l’épreuve des tests et des mises en marché successives. En effet, y aurait-il des classes de débits, bien difficile à dire à part du point de vue des réalisations industrielles surtout  à l’époque. L’enseignement révélera que ce n’est pas le débit qu’il convient de maîtriser mais de l’atteindre en dosant correctement une quantité de complexité pour une application donnée. Le trait de génie aura quand même été de brider MPEG-1 à 1.5 Mb/s ce qui a permis de travailler dans un cadre restrictif, donc bien défini. Par la suite, la contrainte à été évacuée bien que rémanente à travers deux générations de médias optiques successifs, le DVD, puis le Blu Ray. Le flop de ce dernier démontre, peut-être, que le problème n’était peut-être pas là. L’apport majeur de MPEG-1 aura été de permettre le rattrapage de l’audio dans un dispositif où il était, à l’époque, singulièrement oublié ! Il paraissait déjà totalement infaisable de coder la vidéo, alors synchroniser deux flux numériques ensemble …. Et pourtant !

LESSONS LEARNED

Justement, la clé du problème résidait dans les questions  qui n’avaient pas été posées avant.